Apprenez-en davantage sur certains personnages de la série en lisant de courtes histoires se déroulant avant le Tome 1.

Comme il le faisait régulièrement lorsqu’il se sentait nerveux, Max joua avec sa bague en or portée à son annulaire droit, remise de père en fils, tout en dévisageant la jolie serveuse en charge de prendre sa commande.

– Une pinte de rousse pour moi, finit-il par répondre à la belle jeune femme aux longs cheveux noirs bouclés et aux merveilleux yeux bleus.

– D’accord, merci les gars! Je vous apporte ça, termina-t-elle en envoyant un léger sourire coquin au jeune homme athlétique, de belle apparence et à la chevelure foncée.

En sortant de la bibliothèque de l’école, qui donnait sur la grande salle de récréation, Nicholas, un adolescent au visage couvert d’horribles cicatrices, entra accidentellement en collision avec le grand sportif Joshua Lirette, le gars le plus populaire du lycée. Celui qui avait été atrocement défiguré par un incendie, auquel il avait survécu six ans plus tôt et qui avait coûté la vie de sa mère et de son tant aimé petit frère, échappa les livres sous son bras dès l’impact.

– Oh désolé! s’excusa aussitôt Nicholas en baissant les yeux.

– Mais regarde où tu vas, le monstre! Nom d’un chien, j’ai renversé ma gourde sur mon chandail à cause de toi!

Jack engloutit d’un trait le reste de sa bière en fixant les deux étrangers vêtus de noir assis à une table un peu plus loin. Ceux-ci, qui venaient tout juste d’avoir une altercation avec la jolie jeune serveuse, commençaient de plus en plus à énerver le grand homme dans la quarantaine, aux cheveux noirs et à la barbe poivre et sel. Celui-ci hésita alors un moment à se lever et à se diriger vers ces inconnus qui semblaient vouloir semer la pagaille dans sa petite ville natale.

En effet, même s’il n’était pas très costaud, Jacques Herbier, que tous dans la région surnommaient Jack depuis plus de 30 ans, si bien qu’il en avait lui-même oublié son vrai nom, était réputé dans le coin pour être doté d’une grande robustesse. Ce travailleur forcené de longue date en avait effectivement surpris plus d’un à l’époque avec ses tours de force à l’usine de ciment de la magnifique municipalité isolée, nommée Winslow, comptant un peu moins de 5000 habitants. Alors, il fallait plus que deux jeunes blanc-becs de la grande ville pour faire peur à ce dur à cuire, et chez lui en plus.

**Lire l’histoire « Nicholas » avant celle-ci**

Myreille, la mine basse, rentra chez elle après cette longue journée d’école. Elle, qui regrettait encore amèrement ce qu’elle avait fait à ce pauvre garçon, deux jours plus tôt, lors de la fête, fut des plus heureuses de se retrouver enfin à la maison pour ne plus en entendre parler. Comme sa mère n’était toujours pas de retour du travail, la belle adolescente aux cheveux bruns monta à l’étage dans le seul but d’aller se détendre dans un bon bain chaud.

En grimpant les marches, son esprit la ramena contre son gré à la fameuse scène. Elle revoyait encore les yeux tristes du pauvre Nicholas, alors qu’il comprenait qu’elle n’avait pas réellement le béguin pour lui et que tout ce qu’elle lui avait dit à propos de sa beauté intérieure et de son courage n’étaient que des mensonges. Et elle entendait encore les rires de ses camarades autour, alors qu’ils le pointaient tous du doigt en se moquant de lui. Spécialement Joshua, qui l’avait poussé à agir de la sorte afin qu’il puisse prendre sa revanche, sachant que le grand brûlé avait un faible pour elle.

*Lire les histoires « Jack » et « Max » avant celle-ci.

Cela faisait presque une demi-heure que Jacob et ses deux fillettes, Éveline et Lisa, âgées de 8 et 6 ans, s’étaient endormis sur le divan devant un film lorsque l’homme rouvrit les yeux. Alors que le générique défilait, le père d’une trentaine d’années, qui élevait seul ses enfants depuis la perte tragique de sa femme, décédée dans un accident de la route un an et demi plus tôt, déplaça la tête de la plus jeune posée sur sa cuisse. Il se releva ensuite lentement tout en s’étirant avant d’attraper la manette pour éteindre la télévision. Par la suite, l’homme de race noire de taille moyenne, aux cheveux courts, se pencha vers Éveline dans le but de la transporter dans son lit quand soudain, un coup de feu retentit à l’extérieur.

*Lire les histoires « Jack », « Max » et « Jacob, première partie » avant celle-ci.

Cela faisait près de cinq minutes que Jacob et ses filles venaient d’échapper aux griffes de l’énorme loup lorsqu’ils aperçurent enfin les lumières de la ville à l’horizon. Impatient de mettre Éveline et Lisa à l’abri, il roula à vive allure sur la route déserte. Une fois arrivé aux premières maisons, il trouva étrange de voir autant de piétons à une heure aussi tardive. Mais il était tellement sous le choc de l’attaque du loup qu’il ne prit pas le temps d’y réfléchir davantage. Un seul objectif guidait ses actions; rejoindre le poste de police au plus vite.

Toutefois, lorsqu’il tourna le coin de la rue menant au centre-ville, l’horrible spectacle qui l’attendait l’obligea enfin à freiner. Devant lui, un paysage apocalyptique venait d’être révélé. Des vitrines de commerces fracassées, des automobiles accidentées et même enflammées et des gens courant dans tous les sens en hurlants dans les rues. Le père de famille, complètement estomaqué, regarda à gauche et à droite cet horrible spectacle tout en continuant d’avancer lentement.

Les deux barbares, vêtus de fourrures foncées, s’efforçaient de rester alertes devant l’entrée de la grotte. Leur glaive en main, ils scrutèrent la forêt obscure lorsque soudainement, l’un d’entre eux reçu une flèche en pleine gorge. Et avant que l’autre sentinelle ne puisse avertir ses confrères à l’intérieur, un second projectile le frappa en pleine poitrine. Le souffle coupé, il s’écroula d’abord à genou avant de s’effondrer auprès de son confrère.

Dès que les deux gardiens furent hors d’état de nuire, la dizaine de chevaliers dissimulés dans un bosquet se précipitèrent vers l’entrée de la caverne. Guidés par un colosse un peu plus âgé qui arborait une barbe grisonnante, les hommes portant des casques de métal et des cotes de mailles pénétrèrent ensuite sans perdre un instant, tout en dégainant leurs épées.

En entrant dans la pièce éclairée par des torches, ils tombèrent nez à nez avec un groupe d’une vingtaine d’étranges personnages portant tous des longues toges sombres à capuchon qui dissimulaient leurs visages, excepté celui au centre qui prenait place devant un lutrin. Aussitôt, les yeux cernés de ce dernier, qui portait une longue barbe foncée sans moustache et une couronne de cheveux du même ton retenue en queue de cheval, se tournèrent vers les nouveaux venus.

Robert Longuet, un sexagénaire légèrement bedonnant aux cheveux poivre et sel, décapsula la bière que le mari de sa nièce, Antoine, venait de lui offrir. Accompagné des autres hommes à cette réception de baptême, le nouveau retraité discuta ensuite de choses et d’autres par ce bel après-midi d’été.

– Je trouve vraiment ça bien, le fait de poursuivre les traditions, avoua Robert au père du bébé. Je dois avouer que les parents qui font encore baptiser leur enfant est quelque chose de rare de nos jours.

– Pour être tout à fait honnête, M. Longuet, l’idée vient de Judith, précisa Antoine. C’est elle qui y tenait. En effet, les baptêmes… La religion… C’est pas trop mon truc. Ce genre de pratique est plus fréquent dans les petits villages comme ici. Mais en ville, il est vrai que c’est de moins en moins fréquent.

– Oui. Malheureusement… Alors, tu… Tu ne crois en… En Dieu.

– Non, pas vraiment.

– Alors, tu penses qu’après la mort, enfin…

– C’est la fin. Le noir. Que la lumière s’éteint tout simplement.

* Bien que les personnages soient fictifs, cette nouvelle est inspirée d’une histoire vraie.

L’équipe de tireurs d’élite canadiens, après être grimpés sur le toit ondulé de cette petite demeure faite en terre en plein cœur de la province de Kandahar, en Afghanistan, déposèrent enfin leurs lourds sacs à dos sous cette chaleur accablante d’août. Une fois allégés, les quatre barbus sortirent rapidement l’équipement nécessaire, dont une arme de précision de calibre .50, avant de se positionner pour couvrir leurs frères d’arme qui s’apprêtaient à pénétrer dans le village.

Tom, un bel homme athlétique affichant un tatouage tribal sur un côté du cou, plaça son œil droit derrière l’impressionnant télescope alors que son commandant, mentor et ami, Daniel, un grand blond, s’installa derrière avec sa radio et une paire de jumelles. Le troisième de l’équipe, Patrick, un sportif élancé, se positionna devant une imposante lunette d’observation sur trépied afin d’analyser en détail le village presque désert devant. Samuel, le dernier, un peu plus costaud que les autres et ayant quelques poils au menton grisonnants, leur tourna le dos afin de surveiller leurs arrières.