Jacob – Deuxième partie – Samedi, 14 août, 22h40

*Lire les histoires « Jack », « Max » et « Jacob, première partie » avant celle-ci.

Cela faisait près de cinq minutes que Jacob et ses filles venaient d’échapper aux griffes de l’énorme loup lorsqu’ils aperçurent enfin les lumières de la ville à l’horizon. Impatient de mettre Éveline et Lisa à l’abri, il roula à vive allure sur la route déserte. Une fois arrivé aux premières maisons, il trouva étrange de voir autant de piétons à une heure aussi tardive. Mais il était tellement sous le choc de l’attaque du loup qu’il ne prit pas le temps d’y réfléchir davantage. Un seul objectif guidait ses actions; rejoindre le poste de police au plus vite.

Toutefois, lorsqu’il tourna le coin de la rue menant au centre-ville, l’horrible spectacle qui l’attendait l’obligea enfin à freiner. Devant lui, un paysage apocalyptique venait d’être révélé. Des vitrines de commerces fracassées, des automobiles accidentées et même enflammées et des gens courant dans tous les sens en hurlants dans les rues. Le père de famille, complètement estomaqué, regarda à gauche et à droite cet horrible spectacle tout en continuant d’avancer lentement.

Lorsque les fillettes se mirent à crier en apercevant à leur tour la situation des plus alarmantes, Jacob se ressaisit enfin et se prépara à faire marche arrière le plus rapidement possible. Mais avant qu’il ne puisse embrayer, une mini fourgonnette entra en collision de plein fouet avec le devant du véhicule du côté conducteur. Dès l’impact brutal, le moteur se calla.

Le père se secoua rapidement la tête pour reprendre ses esprits avant de se tourner pour vérifier l’état de ses filles. Soulagé de constater qu’elles n’avaient rien, il tenta aussitôt de remettre le moteur en marche. Toutefois, après quelques tentatives sans succès, il dût se rendre à l’évidence et envisager un autre plan pour sortir de cette zone chaotique.

C’est alors qu’un être répugnant au visage en décomposition apparut à la vitre de sa portière, le faisant affreusement sursauter. Puis un autre se montra du côté passager, suivit d’un troisième. Bientôt, le véhicule fut complètement encerclé par ces choses à l’apparence de zombies. Figé de peur, Jacob se contenta de regarder tout autour les créatures qui s’accumulaient alors que ses enfants s’époumonaient derrière.

Lorsque l’un des mort-vivants fracassa le verre du côté passager, l’homme, sans trop réfléchir, pivota sur son siège et tenta de le repousser de ses pieds tout en évitant qu’il ne les agrippe. À ce moment, un second se fraya un chemin dans une fenêtre arrière. En voyant l’ignoble personnage tenter de se faufiler à l’intérieur, Éveline et Lisa se glissèrent dans le coin opposé tout en se serrant l’une contre l’autre. Le pauvre Jacob, déjà occupé à retenir un cadavre animé, ne put que se contenter d’hurler à l’aide en voyant ses princesses en détresse.

– Au secours! Aidez-nous! Mes filles sont en danger! Par pitié! Quelqu’un! Venez nous aider!

Soudain, alors que la situation semblait désespérée, un homme blanc d’une trentaine d’années, portant une courte barbe, arriva derrière le zombie que Jacob tentait de repousser et lui fracassa la tête d’un coup de bâton de baseball. Lorsque l’être s’écroula, le sauveur se tourna vers un second en lui administrant le même sort. Puis, il répéta son manège avec un troisième. Dès que la voie fut libre, l’étranger ouvrit la portière arrière en criant aux fillettes de sortir, ce qu’elles firent sans attendre. Au moment où elles furent à l’extérieur, le bienfaiteur ferma la portière au nez de la chose sur la banquette.

Jacob alla au plus vite les rejoindre tout en remerciant de tout cœur le bon samaritain. Toutefois, à peine le père de famille venait-il de lui adresser la parole qu’un autre mort-vivant arriva en douce derrière et attrapa le courageux défenseur. En voyant le bâton glisser d’entre les doigts de ce dernier alors que l’abject personnage lui plantait ses dents pourries dans le cou, Jacob attrapa l’arme artisane et frappa l’agresseur en plein front. Lorsque le bout s’enfonça dans son crâne, le monstre relâcha sa proie avant de s’affaisser mollement à leurs pieds.

Aussitôt, celui qui venait d’être mordu plaça sa main contre sa plaie pour tenter d’arrêter l’hémorragie qui semblait des plus sérieuses. Jacob essaya rapidement de lui venir en aide, mais à son grand malheur, la blessure semblait beaucoup trop grave. Et en l’espace de quelques secondes, sous le regard terrorisé des jeunes filles, celui qui les avait sauvé s’écroula à son tour en soupirant.

Jugeant qu’il n’y avait plus rien à faire pour lui et remarquant d’autres zombies s’intéresser à eux, Jacob, contre son gré, attrapa ses fillettes sous chacun de ses bras, sans lâcher son bâton, et prit ses jambes à son cou. Tout en courant, il jeta un coup d’œil par-dessus son épaule et aperçut quelques cannibales en décompositions se précipiter sur le corps encore chaud du bon samaritain pour s’en faire un festin.

Ne sachant pas où aller se terrer, le père, guidé par son instinct de survie, se contenta de courir dans la rue en s’éloignant de tous ceux qui avaient des regards agressifs. Tout à coup, il perçut des voix familières hurler de venir les rejoindre. En se tournant vers celles-ci, il reconnut son ami Jack ainsi que le nouveau curé de la paroisse, Henri, à la sortie de l’église. Ces derniers, qui s’époumonaient sur le perron, tentaient tant bien que mal d’inciter les gens à venir les rejoindre.

– Par ici! hurlaient le barbu et le vieux prêtre. Ils ne peuvent pas grimper les marches! Vite! Par ici!

Sans y réfléchir plus longtemps, Jacob se déplaça vers la maison de Dieu. En route, deux cadavres animés s’interposèrent devant eux. Il relâcha aussitôt Éveline et Lisa avant de les affronter l’un après l’autre avec son accessoire sportif. Lorsqu’il les eut aisément mis hors d’état de nuire en les frappant de toutes ses forces à la tête, il rattrapa ses enfants et poursuivit sa course.

Quand il arriva enfin au bas des marches, il remarqua sur sa droite une belle jeune femme qu’il connaissait bien étant donné qu’elle avait été, par le passé, la petite gardienne de ses fillettes quand elle était adolescente.

– Éva! l’interpela-t-il. Éva, viens! Ils disent qu’ils ne peuvent pas venir ici!

Sans perdre de temps, la jolie barmaid, n’ayant que son sac à main pour se défendre, se hâta d’aller les rejoindre avant que l’une de ces choses ne s’en prenne à elle. Ensemble, ils grimpèrent à l’abri.

Une fois auprès d’Henri, le prêtre, et de Jack, Jacob tenta de reprendre son souffle tout en s’assurant de ne pas avoir été suivi  par ces abjects personnages.

– Ça va aller! les rassura le vieux pasteur. Ces trucs ne peuvent venir jusqu’ici! Comme si… S’il y avait un mur invisible! Comme si Dieu les empêchait de passer!

– Vous êtes blessé? demanda Jack.

– Non… Non…, répondit entre deux souffles Jacob en fixant la scène infernale devant eux. Les filles, ça va?

– Oui! affirma Éveline.

– J’ai peur, papa! J’ai peur! se contenta de répondre Lisa.

– Et toi? questionna le père de famille en leva les yeux vers Éva.

– Ces… Ces trucs ne m’ont pas touché! confirma-t-elle.

– Mais qu’est-ce qui se passe, merde?! interrogea ensuite celui qui tenait toujours le bâton de baseball couvert de sang.

– Je… Je n’en ai pas la moindre idée! admit Jack. C’est… C’est un putain de cauchemar!

Curieux et curieuses de savoir ce qu’il adviendra de Jacob, Éveline, Lisa, Éva, Henri et Jack? Tout vous sera révélé dans le roman L’assaut du Mal, tome 1, Sadman le sorcier.

*Illustration : Claudie Bouffard

Sylvain Bouffard Écrit par :

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